mardi 19 septembre 2017

Quatre soeurs, tome 2 : Hortense, de Malika Ferdjoukh


Auteur·trice·s : Malika Ferdjoukh
Éditeur·trice : L'Ecole des Loisirs
Collection : Médium
Pages : 192
Date de parution : 2003
Genre : Jeunesse

Synopsis : Hortense, sur SA falaise, tient SON journal intime.
Elle y raconte combien c'est dur d'être 1 sur 5, une parmi la multitude, surtout quand cette multitude est composée de :
- Charlie qui veut tout réparer à la Vill'Hervé et regarder à la dépense au lieu d'épouser Basile le docteur, de vivre à ses crochets et de fêter Noël au foie gras.
- Geneviève qui ment alors qu'elle ne ment jamais.
- Bettina qui est odieuse avec les êtres les plus sensibles de l'univers, à savoir : elle, Hortense, et Merlin Gillespie, le livreur magicien de Nanouk Surgelés, très, très laid à l'extérieur, mais si, si beau à l'intérieur.
- Et Enid qui a des conversations à bâtons rompus avec son ami Gnome de la Chasse d'eau.
Hortense se demande ce qu'elle va devenir. Architecte de monuments éternels ? Zuleika Lester, du feuilleton Cooper Lane ? Chirurgienne de maladies incurables ? Et si c'était comédienne ? Une idée folle, complètement Saint-Pierre-et-Miquelon, comme dirait Muguette, la locataire malade de la maison voisine.
Hortense sait que pour devenir comédienne, il faut une présence, une voix, de la mémoire, mais surtout de l'entraînement. Alors elle referme SON journal, elle quitte SA falaise, et elle fonce.

Mon avis : J'ai rencontré les cinq sœurs il y a déjà deux ans, avec le premier tome, Enid. Cette fois, nous faisons plus ample connaissance avec Hortense, qui tient un journal intime. Elle va faire la connaissance de sa nouvelle voisine, Muguette qui est malade et qui va l'inciter à faire du théâtre. 

Du côté de autres membres de la fratrie, Charlie tente de préparer Noël avec le peu d'argent qu'elles ont, Geneviève cache quelque chose, Bettina repousse Merlin, le livreur qu'elle trouve très laid, et Enid pose pleins de questions et parle à son ami Gnome de la Chasse d'Eau.

J'ai trouvé qu'Enid avait moins d'importance, c'est probablement le personnage dont nous entendons le moins parler cette fois, peut-être parce que le premier tome se concentrait principalement sur elle. En revanche, j'ai trouvé que Bettina prenait beaucoup d'importance... Un peu trop, même. J'avais l'impression de lire son histoire à elle, et pas celle d'Hortense. 

J'étais contente de retrouver les jeunes filles, avec leurs caractères si différents, puisque je me suis attachée à elles. J'ai passé un bon moment de lecture, j'ai bien aimé Muguette et Merlin, les nouveaux arrivants. J'ai trouvé l'histoire entre Merlin et Bettina plaisante, même si elle prenait trop de place à mon goût. 

Les parents décédés sont toujours abordés avec délicatesse, sans pour autant tomber dans le pathos. Cette fois, la maladie est également un sujet important du roman, mais rien de larmoyant. C'est une histoire qui, malgré ces drames, reste distrayante et très sympathique. 

14/20

Etranger à Berlin, de Paul Dowswell


Auteur·trice·s : Paul Dowswell
Traducteur·trice·s : Nathalie Peronny
Éditeur·trice : Naïve
Collection : Land
Pages : 430
Date de parution : 2009
Genre : Jeunesse, historique

Synopsis : Quand ses parents meurent, en 1941, Piotr, jeune garçon polonais, est placé dans un orphelinat à Varsovie. Il est rapidement repéré : sa grande taille, ses cheveux blonds et ses yeux bleus font de lui un modèle accompli du type aryen prôné par Hitler... Un haut dignitaire nazi souhaite l'adopter : Piotr, rebaptisé Peter, est accueilli dans sa nouvelle famille à Berlin. Mais Peter sent bien que pour les autres, il reste un étranger. Tous ses efforts tendent à convaincre son entourage du contraire, quitte à faire quelques compromis... C'est alors qu'il rencontre Lena... et qu'il découvre grâce à elle le vrai visage du nazisme. Il est temps pour lui de choisir son camp. Et de prendre des risques...

Mon avis : J'avais envie de lire Etranger à Berlin depuis une éternité, aussi n'ai-je pas hésité lorsque je l'ai vu dans les rayons de la médiathèque. L'histoire, c'est celle de Piotr, un polonais qui vient de perdre ses parents en 1941 et qui est placé dans un orphelinat à Varsovie. Ses yeux bleus et ses cheveux blonds, ainsi que sa taille, font de lui le parfait modèle aryen... il va ainsi être adopté par un homme haut placé et nazi, et va être appelé Peter et se retrouver dans sa famille d'accueil, à Berlin. Mais sa rencontre avec Lena va lui ouvrir les yeux sur le nazisme... 

Bien sûr, il est possible de se dire que cela ne fait qu'un livre de plus sur la Seconde Guerre Mondiale. Mais nous allons suivre ici un jeune polonais qui va être accueilli par une famille qui prône les idées d'Hitler, et qui ne sait pas franchement quoi en penser. Autant dire qu'aborder l'embrigadement et l'engagement me semblait être une bonne idée. 

J'ai trouvé très intéressant d'être plongée au cœur de l'Allemagne nazie, de voir comment les personnes y vivaient, les divergences d'opinion, l'embrigadement et, au contraire, la rébellion et l'opposition... Il est même important de noter que la pression sociale, les menaces sur la famille, le chantage... amènent un certain nombre de personnes à se taire, voire à participer sans pour autant prendre conscience de ce qui se passe réellement pour les personnes opprimées. 

J'ai trouvé le personnage de Peter - alias Piotr - vraiment plaisant. Il a ses propres idées, il va rapidement comprendre que quelque chose ne tourne pas rond, et sa rencontre avec Lena ne fera que renforcer ses convictions. La propagande nazie est permanente, même au moment de Noël, où tous les cadeaux dans sa famille d'accueil seront antisémites. 

Ce genre d'ouvrage est essentiel pour que les plus jeunes puissent comprendre l'horreur de la Seconde Guerre Mondiale, et pour éviter que les événements se répètent... J'ai réussi à mieux comprendre le fonctionnement de l'Allemagne nazie et les jeunesses hitlériennes. L'atmosphère est sans cesse tendue, le tout est très oppressif puisque je me demandais ce qui allait advenir des différents personnages. 

Un roman réussi et très plaisant, et qui se lit vite tant nous sommes plongé.e.s au cœur de l'histoire, avec Peter, Lena et les autres... 

15/20

lundi 18 septembre 2017

Potens, d'Ingrid Desjours



Auteur·trice·s : Ingrid Desjours
Éditeur·trice : Plon
Collection : Nuit blanche
Pages : 374
Date de parution : 2010
Genre : Thriller

Synopsis : Charlotte Delaumait a été ébouillantée et lacérée de coups de couteau. Membre de Potens, club pour surdoués, elle multipliait les amants comme les grossesses, et n’hésitait pas à faire chanter son entourage pour servir ses intérêts. Une femme que beaucoup rêvaient de voir disparaître, à commencer par son compagnon, le membre le plus brillant de Potens, mais aussi son patron, dont elle était la maîtresse, sans parler des aigris qu’elle repoussait sans ménagement. La psycho-criminologue Garance Hermosa infiltre ce club pour surdoués et tente de démasquer l’assassin, aussi joueur que manipulateur. Exercice d’autant plus difficile qu’un événement inattendu la renvoie à un passé effroyable qu’elle aurait préféré oublier, et la plonge dans la spirale de l’autodestruction.

Mon avis : Un terrible meurtre, celui de Charlotte Delaumait, ébouillantée et poignardée a plusieurs reprises, a été commis. La victime était mère de six enfants et multipliait les conquêtes, tout en étant membre d'un club pour surdoué.e.s, Potens. Plusieurs personnes auraient pu faire disparaître cette femme, qui était manipulatrice, et les soupçons se dirigent en tout premier lieu vers son petit ami, faisant également parti de Potens. 

Nous retrouvons le même personnage que dans Echo, Garance Hermosa. La psycho-criminologue est en charge de démasquer l'assassin en infiltrant le club, mais elle est obnubilée par ces propres problèmes. J'avais déjà eu du mal avec ce personnage dans le premier roman, et je ne l'ai pas plus appréciée ici, même si nous découvrons ces failles, son mal-être... J'ai trouvé cela intéressant, mais j'avais du mal à saisir en quoi le passé tourmenté de cette femme était en lien avec l'enquête. Au-delà de ça, j'ai trouvé Garance franchement antipathique, et très manipulatrice, le anti-héros par excellence ! 

Malgré l'intrigue très plaisante, je n'ai pas autant accroché à ce livre qu'aux autres de l'autrice. J'ai trouvé que le tout trainait en longueur, et, comme je le disais, je ne comprenais pas les liens qui étaient faits entre Garance et l'enquête. L'infiltration de la psycho-criminologue était un peu longue mais néanmoins intéressante. Nous en apprenons plus sur les (nombreux) personnages, et cela permet de commencer à deviner qui est le tueur... 

J'ai été tout de même très prise dans ma lecture, rapidement terminée. Je dois admettre que le dénouement était plaisant, ainsi que les révélations. Mais ce n'est vraiment pas le meilleur roman d'Ingrid Desjours à mes yeux, elle n'a pas su me surprendre autant que les précédents. 

14/20