vendredi 23 février 2018

Vache à lait : Dix mythes de l'industrie laitière, d'Elise Desaulniers


Auteur.trice.s : Elise Desaulniers
Éditeur.trice : La plage
Pages : 172
Date de parution : 5 janvier 2017
Genre.s : Essai

Synopsis : L'industrie laitière, l'un des secteurs d'activité agricole les plus importants en France, jouit depuis toujours d'une perception positive. Mais la prépondérance du lait dans notre alimentation et notre attachement aux produits laitiers n'auraient rien de naturel ; ils seraient plutôt le résultat de grosses campagnes de communication et de lobbying. Serions-nous les vaches à lait de l'industrie ?
• Élise Desaulniers précise, raconte, dénonce. Elle souligne que le lait que nous buvons n'est pas celui que nous pensons boire, et encore moins celui que nous buvions il y a quarante ans.
• Elle enquête sur le lobby du lait en France qui finance directement la recherche publique et notamment l'Inra, elle s'interroge à propos des allergies provoquées par nos " amis pour la vie ", à propos du bien-être des vaches laitières et révèle la difficulté pour les jeunes fermiers d'accéder à la production commerciale.

Mon avis : Ce n'est peut-être pas la lecture dont j'avais le plus besoin, étant donné que j'ai complètement arrêté de consommer des produits laitiers, mais le sujet m'intéressais malgré tout. Je ne regrette pas cette lecture. J'ai appris énormément de choses ! 

Elise Desaulniers est conférencière et blogueuse, et s'intéresse au végétalisme et à la cause animale. Dans ce livre, elle démonte les dix mythes que l'industrie nous sert afin de vendre leurs produits et de faire du profit (le plus gros mensonge étant probablement le fait de sous-entendre, voire de dire, que les produits laitiers sont indispensables à la santé). Elle remonte sur les origines des lobbys laitiers, en France et au Québec, et comment le matraquage marketing à ce sujet a pu opérer dans nos inconscients... 

J'ignorais un certain nombre de ses infos, notamment sur les effets négatifs que le lait peut avoir sur la santé. Il est vrai que je me sens moi-même en meilleure forme depuis que je n'en consomme plus du tout (je n'ai plus de problème de digestion, par exemple). Bien évidemment, il n'y a pas que l'aspect santé qui est abordé. Les produits laitiers ont un effet important sur l'environnement (et je n'imaginais pas que ça puisse être à ce point-là !) et, bien sûr, les conditions de vie des vaches laitières sont tout simplement déplorables... et le sort réservé à leurs petits n'est pas bien meilleur. 

Comme je le disais, beaucoup d'informations sont données, et j'aurais bien besoin de remettre le nez dans ce livre de temps en temps, afin de ne rien oublier. Je vais également prêter ce livre à ma soeur, il me semble réellement indispensable.

Je pense que tout le monde devrait le lire, afin d'être bien informé.e. Il est vraiment important de le faire, et je vous y invite.

15/20

lundi 19 février 2018

À vif, de Kery James


Auteur.trice.s : Kery James
Éditeur.trice : Actes Sud
Collection : Papiers
Pages : 32
Date de parution : 6 septembre 2017
Genre.s : Théâtre

Synopsis : L'Etat est-il seul responsable de la situation actuelle des banlieues en France ? Deux élèves avocats, Soulaymaan Traoré et Yann Jareaudière, défendent des positions opposées. Le premier atteste que les citoyens sont responsables de leur condition. Pour le second, l'Etat est coupable. Ils ont de la répartie, ils crient, ils rient aussi. Un dialogue éclatant et passionné : l'exercice convoque deux France pour enfin les faire s'entendre.

Mon avis : Ayant assisté à une des représentations, je voulais me replonger dedans grâce à cette lecture, et ça a été plutôt réussi. Tout en lisant, j'avais les voix des comédiens Kery James et Yannik Landrein dans la tête, et cela me rappelait des souvenirs. 

Dans cette histoire, il y a deux personnages - et un narrateur, qui intervient de temps à autre. Deux élèves avocats débattent dans un amphithéâtre : "L'Etat est-il le seul responsable de la situation actuelle des banlieues en France ?". Yann Jareaudière affirme que oui, Soulaymaan Traoré que non. 

C'est une pièce de théâtre en toute simplicité : peu de décors et d'actions, mais plutôt de longs discours... et c'est justmement ce qui fait la force de cet écrit. Kery James, l'auteur, tient à ces personnages des propos pertinents et des arguments bien avancés... Ainsi, bien que les deux points de vue soient opposés, j'y trouvais dans tous les cas des réflexions intéressantes que je partageais.

Kery James est un rappeur que j'apprécie énormément, et j'ai trouvé que la pièce était formidablement bien écrite et jouée. C'était tellement beau que j'en avais pleuré. Le texte est engagé, les paroles émouvantes, et ça amène une véritable réflexion... C'est aussi une façon de faire venir des personnes de milieus complètement opposés, de les réunir... 

J'ai adoré redécouvrir ce texte, lire ces mots qui m'avaient tant touchée lorsqu'elles étaient dites par les comédiens, et continuer ma propre réflexion sur le rôle de l'Etat par rapport aux banlieues. 

Je vous recommande chaleureusement de lire ce livre et, si vous en avez l'occasion, d'aller au théâtre pour voir cette merveilleuse pièce !

17/20

Quatre soeurs, tome 2 : Hortense, de Cati Baur et Malika Ferdjoukh

Auteur.trice.s : Malika Ferdjoukh
Illustatreur.rice.s : Cati Baur
Scénariste.s : Cati Baur
Pages : 153
Date de parution : 8 janvier 2014
Genre.s : Bande-dessinée, jeunesse

Synopsis : Dans ce deuxième tome de la série, il est question d'Hortense, 11 ans, qui passe sa vie dans les livres et se demande ce qu'elle va devenir : un personnage de sa série préférée ? Chirurgienne des maladies incurables pour venir en aide à sa nouvelle amie Muguette ? Ou bien comédienne ? Mais pour monter sur scène, Hortense va devoir vaincre sa timidité...
C'est dans son journal intime dont elle nous livre des extraits, qu'Hortense s'interroge et partage les hauts et les bas de sa vie d'adolescente.

Mon avis : En parallèle des romans, je lis l'adaptation qui a été faite par Cati Baur, et j'ai donc retrouvé Hortense qui nous livre ces pensées à travers son journal intime. Elle a envie d'être comédienne, mais il faut qu'elle passe au-dessus de sa timidité... Heureusement, sa nouvelle amie Muguette, qui est venue prendre l'air de la campagne à cause de sa maladie, va l'aider. Quant à ses soeurs... elles ont chacune leur secret et leurs problèmes : Geneviève pratique la boxe thaïe en secret, et Bettina est troublée par le nouveau livreur de chez Nanouk surgelés, Merlin. Il est très gentil mais... très laid.

Encore une fois, comme pour la lecture du roman, j'ai trouvé que Bettina prenait trop d'importance ici, et qu'on voyait trop peu Enid, et même Charlie. J'ai un peu moins apprécié ce tome que le premier, mais j'ai passé un agréable moment de lecture.

J'imaginais Merlin complètement différent, et je l'ai trouvé plutôt réussi vis-à-vis de ce qui en était dit dans le livre de Malika Ferdjoukh. Les illustrations de Cati Baur sont très chouettes, j'ai notamment apprécié les passages à l'extérieur, avec Hortense et Muguette sur la falaise. Je trouvais ça très joli.

Le passage où Hortense retombe sur ce qu'elle avait écrit dans son journal à la mort de ses parents était plutôt émouvant. Ce sont des personnages (du moins, leurs fantômes, que les soeurs voient apparaître de temps en temps) assez absents dans ce second tome, ce que j'ai trouvé dommage.

C'est une adaptation plutôt fidèle et réussie, qui m'a permis de passer un bon moment de lecture.


14/20

dimanche 18 février 2018

Être femme en Asie, d'Anne Garrigue

Auteur.trice.s : Anne Garrigue
Editeur.trice : Philippe Picquier
Pages : 145
Date de parution : 2 novembre 2017
Genre.s : Essai

Synopsis : Un être humain sur quatre est une femme asiatique. Il est donc essentiel d'interroger la question des femmes à partir de l'Asie. Qu'avons-nous à apprendre des inégalités hommes-femmes dans cette région du monde, quels problèmes se posent avec le plus d'acuité ? Sommes-nous dans une période de progression du statut des femmes ou bien sommes-nous en train d'assister à un retour en arrière ? 
En Asie, les femmes ne vivent pas toutes dans le même espace ni dans le même temps. Que partagent entre elles une riche entrepreneuse chinoise, une mère de foyer japonaise, une paysanne indienne et une ouvrière vietnamienne ? 
Ce livre répond à toutes ces questions et fournit un état des lieux documenté, chiffré et complet en matière de santé, d'éducation, d'opportunités écononomiques et d'émancipation politique. Une enquête passionnante, parfois surprenante, et surtout indispensable, car la place est plus que jamais un indicateur du degré d'ouverture et de liberté dans les sociétés. 

Mon avis : J'avais repéré ce livre, qui me faisait de l'oeil, et lorsque j'ai appris qu'Anne Garrigue venait faire une rencontre, je n'ai pas hésité une seconde. Féministe, je m'intéresse de ce fait aux droits des femmes... et je souhaite être le plus intersectionnelle possible dans cette lutte, en prenant en compte les femmes qui souffrent d'une double (voire triple) discrimination : les femmes racisées, trans, non-hétérosexuelles, non-valides, etc. Un essai sur le quotidien et la vie des femmes asiatiques (de tous les pays asiatiques) me semblait donc parfait. 

Anne Garrigue a vécu vingt-deux années dans des pays d'Asie, et s'intéresse à différents domaines : l'emploi, la politique, l'économie, l'éducation, les soins, les violences faites aux femmes... Elle s'appuie sur des études, des statistiques, et c'est extrêmement documenté. 

En effet, les faits présentés sont très clairs : il y a beaucoup de chiffres, de pourcentages... cela permet de mettre en lumière ce qui est annoncé. Je sais que j'aurais bien du mal à retenir ces chiffres (parce que j'ai un véritable problème avec les données chiffrées en général), mais pas ce que j'y aurais appris. Et le sujet traité est si important que je pense remettre le nez dans ce livre de temps en temps. 

Malgré cela, l'écriture restait agréable à lire, d'autant plus que le sujet était passionnant. Je ne savais pas, par exemple, que les femmes étaient si mal considérées au Japon et j'étais estomaquée d'apprendre qu'il y avait autant d'avortements réalisés afin de ne pas avoir une fille, dans certains pays asiatiques. Je pourrais vous donner bien d'autres exemples, mais le panel de sujets était tellement varié que j'en aurais pour des heures... 

Ce livre m'a beaucoup appris sur la situation des femmes qui vivent dans des pays asiatiques, et sur les différences qui existaient entre chacun de ces pays (parce que bien évidemment, la situation n'est pas pareille partout et l'Asie est immense, comme vous le savez). 

Le petit déjeuner littéraire animé par Anne Garigue était très intéressant également, et j'ai pu noter qu'il y avait visiblement assez peu d'hommes présents... ce qui ne m'a pas surprise mais pose véritablement question, à l'heure où les droits des femmes et le féminisme concerne absolument toute la population. 

15/20

mercredi 14 février 2018

L'antispécisme c'est pas pour les chiens !, de Rosa B.


Auteur.trice.s : Rosa B.
Illustrateur.trice.s : Rosa B.
Scénariste.s : Rosa B.
Éditeur.trice : La plage
Pages :  174
Date de parution : 3 octobre 2016
Genre.s : Bande-dessinée, humoristique

Synopsis : Qu’est-ce que le spécisme ? À quoi ressemble la vie d’un antispéciste ? L’homme est-il le nec plus ultra de la création ?
Que ces questions hantent vos nuits ou que vous n’ayez jamais entendu parler de ce concept, petit cours illustré d’antispécisme plein d’humour, un peu de mauvaise foi et bourré d’insolence !

Mon avis : Depuis que je suis devenue végane (c'est-à-dire que je boycotte tout ce qui provient des animaux et de leur exploitation, autant que possible), j'ai suivi avec passion le travail de Rosa B. sur Internet, et j'ai acheté ces livres. Dernièrement, j'avais lu Insolente Veggie : une végétalienne très très méchante, qui avait été une formidable lecture, proche du coup de coeur !

Cette fois, elle s'attaque au spécisme (le fait de faire une hiérarchisation entre les espèces et de favoriser les intérêts de certaines au détriment des autres), en expliquant ce que c'est et les problèmes qui en découlent.

Entre réalisme et humour, c'est un second livre très réussi (un poil moins bien que le précédent), qui aborde avec justesse le monde (spéciste) dans lequel nous vivons. J'ai hurlé de rire à certains passages (celui de la mort bio, notamment), mais j'ai aussi éprouvé de la tristesse et une grande lassitude à d'autres (puisque tout ce qu'elle pouvait dire me ramenait à une réalité peu agréable).

Dans ce livre, j'ai ressenti plus de colère. Contre le système et les personnes qui y participent tout en sachant très bien ce qu'elles font. C'est un sentiment que je comprends complètement, puisque je le partage (en plus, Insolente Veggie est dans "ce milieu" depuis plus longtemps que moi...)

C'est un livre indispensable, à mettre entre toutes les mains : et surtout dans celles des personnes qui consomment des produits d'origine animale !

16/20